Julie Fournier

Julie Fournier

Il y 22 ans, après l'obtention d'un baccalauréat en administration option finance et d’un certificat en informatique de gestion, je débute ma carrière chez Desjardins. Rapidement, j'obtiens un poste de conseillère aux particuliers, où mon rôle est de collaborer à la réalisation des projets des membres, que ce soit au niveau placement ou financement.  Quelques années plus tard, je poursuis ma formation à l'Université Laval où j’obtiens le titre de planificatrice financière.

Aux fils des ans, j'ai rencontré dans le cadre de mon travail, plusieurs centaines de membres pour les aider à réaliser leur projets de retraite, trouver des stratégies pour réduire leur facture d'impôt, planifier les études de leurs enfants ou petits-enfants, acheter leur maison ou leur chalet, diversifier leurs portefeuille de placements, ou simplement pour les aider à prendre une décision en lien avec leur situation financière et ce, dans plusieurs centre de service Desjardins du territoire de maskinongé.

Directrice en Gestion de patrimoine depuis 2008, mon rôle est de développer une équipe de spécialistes en épargne et placement qui sera dédiée à la réussite financière des membres et clients de la Caisse de l'Ouest de la Mauricie.  En tant que blogueuse, je veux partager ma passion, mes connaissances et mon expertise le plus simplement possible. 

Il y a quelques semaines, on apprenait le décès de «Prince», l’un des plus grands chanteurs de ma génération.  Quelques jours plus tard, on nous informait qu’il détenait une fortune évaluée à plus de 300 millions de dollars et qu’il était décédé… sans testament.  «Oh, que de problèmes en perspective pour la famille», me suis-je dit.

Et bien me voilà à parler de l’importance du testament.

Le testament est un document juridique dans lequel vous prévoyez qui héritera de vos biens et la part qui reviendra à chacun.

Vous devez faire votre testament sous l’une des formes suivantes :

Trois formes de testaments sont reconnues par la loi : 

  1. Le testament olographe : écrit à la main par vous et sans témoin. 
  2. Le testament devant témoin : écrit par vous ou une autre personne et signé devant deux témoins.
  3. Le testament notarié : reçu devant un notaire et un témoin. L’original est conservé par le notaire.

Un testament fait sous une autre forme n’a aucune valeur juridique.

Si vous faites partie du 50 % des Québécois qui possèdent un testament, il est tout de même conseillé de le relire de temps en temps afin de vous assurer qu’il correspond toujours à vos volontés et qu’il convient toujours à votre situation.

En fait, selon Éducaloi, la révision de votre testament devrait être intimement liée à votre situation personnelle et familiale.  Idéalement, chaque fois qu’un événement important survient dans votre vie, votre testament devrait être révisé. Il peut s’agir, par exemple, de la naissance d’un enfant, d’un mariage, d’une séparation, d’un divorce, d’une maladie, d’un décès, ou encore d’une nouvelle union.

Qu’on choisisse la forme que l’on veut, on doit se poser quelques questions avant de le rédiger :

  • À qui je veux léguer mes biens?
  • Qui sera mon liquidateur?
  • J’ai des enfants mineurs… qui sera tuteur pour mes enfants?
  • Est-ce que je possède des biens que je veux léguer à des personnes en particulier?

Dans mon cas, à qui je veux léguer mes biens, c’est assez facile.  Mais, je dois vous avouer que j’ai tardé un certain temps à faire faire mon testament parce que je n’arrivais pas répondre à la troisième question.  Mon cœur de mère ne voulait pas penser à ça. Je me suis raisonnée.

Vous devez aussi savoir que le testament ne peut pas aller à l’encontre des règles du patrimoine familial.  

Sans testament, que se passe-t-il?

En l'absence d'un testament, différentes règles s'appliquent selon la situation familiale de la personne décédée.

Voici quelques exemples :

Vous n’êtes pas marié :

  • Avec des enfants?  Les enfants hériteront de tous vos biens.
  • Sans enfant, mais avec des parents et des frères et sœurs?  Les parents hériteront de la moitié et l’autre moitié ira aux frères et sœurs.

Vous êtes marié :

  • Avec des enfants?  Un tiers à l’époux et deux tiers aux enfants.
  • Sans enfant, mais avec parents?  Deux tiers à l’époux et un tiers aux parents.
  • Sans enfant ni parents?  Deux tiers à l’époux et un tiers aux frères et sœur du défunt.

Bref, en plus de faciliter le règlement de votre succession, le testament est le document essentiel afin que vos dernières volontés soient respectées. 

 Et de le faire… ne fait pas mourir!

jeudi, 31 mars 2016 13:16

La retraite au féminin

«En quoi la retraite est différente pour une femme ou un homme?», m’a demandé un jeune collègue lorsque je lui ai fait part du titre de mon prochain blogue.  Je vais donc tenter de lui répondre. 

Avec plus de 23 ans d’expérience chez Desjardins, je constate que la préparation de la retraite des femmes est bien différente de celle des hommes. Les femmes doivent se préparer davantage pour espérer une retraite confortable. En voici les principales raisons :

  1. C’est connu, les femmes vivent plus longtemps que les hommes.  L’espérance de vie des femmes est d’environ 84 ans versus 81 ans chez les hommes.  On ne s’en plaindra surtout pas, mais ça implique que la retraite des femmes sera plus longue et qu’elles devront accumuler plus de capital pour s’assurer d’avoir suffisamment d’argent jusqu’à la fin de leur vie.

  2. Le taux horaire des femmes est plus bas que celui des hommes.  En 2011, le taux horaire des femmes était environ 14 % inférieur à celui des hommes.  Si on dit qu’une personne sans fonds de pension peut cotiser maximum 18 % de son salaire dans un REER, la femme peut nécessairement prendre moins de REER.

  3. Bien que les deux parents travaillent dans 80 % des familles, c’est souvent la femme qui arrête quelques années ou réduit ses heures de travail pour s’occuper des enfants.  Cette réalité peut faire en sorte que la femme ne cotise pas autant au REER, au fonds de pension ou à la régie des rentes du Québec.

  4. Par expérience, les femmes ont souvent un portefeuille plus sécuritaire.  Ce qui amène un rendement à long terme plus faible donc, un portefeuille moins bien garni à la retraite.

  5. On connait les statistiques, grosso modo 50 % des couples éclatent et la séparation amène souvent l’appauvrissement chez la femme.  Les couples mariés ou unis civilement sont assujettis à la Loi du patrimoine familial, mais les conjoints de fait n’ont pas les mêmes droits et ce, même s’ils ont des enfants ou qu’ils vivent ensemble depuis plusieurs années. Les conjoints de fait devraient faire un contrat de vie commune pour, entre autres, prévoir ce qui adviendra des biens et des enfants en cas de séparation. 

Mesdames, voici quelques trucs pour vous permettre de profiter pleinement de votre retraite :

  1. Occupez-vous de vos finances.  Allez rencontrer un conseiller et familiarisez-vous avec les produits financiers de base.

  2. Dotez-vous d’un plan financier, c’est un incontournable.

  3. Commencez à épargner le plus tôt possible, c’est la règle d’or.

  4. Épargnez de façon systématique à la fréquence de votre choix.

  5. Diversifier vos placements pour ainsi améliorer le rendement de votre portefeuille de placement à long terme.

  6. Assurez-vous que vous contribuez de façon équitable aux dépenses familiales en fonction des choix que le couple fait pour la famille.  

J’espère, cher collègue, que j’ai répondu à ta question et que tu le partageras avec tes amies.  Mais j’espère surtout que ce blogue aura sensibilisé les femmes, jeunes et moins jeunes, à la nécessité de prendre rapidement en main la planification de leur retraite.

Avez-vous votre plan financier?

C’est connu, les taux d’intérêt sont très bas depuis plusieurs années.  Les membres-clients emprunteurs sont aux anges, tandis que les membres-clients épargnants ne savent plus dans quels produits investir pour obtenir des revenus de placements intéressants ou au minimum battre l’inflation.   

Les moyens infaillibles afin qu’il nous reste plus d’argent dans nos poches sont d’arrêter de magasiner, de passer nos vacances à la maison, de vendre une voiture et d’aller travailler à pied, d’éliminer complètement les restos.  Non, non, ne partez pas, je connais d’autres moyens moins contraignants : La fiscalité.

Comme la saison des impôts est à nos portes, je vous donne 10 conseils qui s’adressent à différentes clientèles dans le but de réduire votre facture fiscale.

  1. Maximiser vos CELI (maximum de 46 500 $ pour 2016) avant de mettre de l’argent dans des placements non enregistrés.  Comme les revenus du CELI ne sont pas imposables, c’est du rendement net.  À tort, plusieurs épargnants croient que le CELI offre moins de rendement.  Le CELI est un véhicule de placement dans lequel on peut y inclure différents types de placement comme les épargnes à terme, les placements garantis liés aux marchés (PGLM), les fonds de placement ou les actions. 

  2. Profiter du fractionnement des revenus de pension.  Si vous avez des revenus provenant d’un régime de pension ou d’un FERR, il est possible de les fractionner avec votre conjoint(e) (vous devez avoir plus de 65 ans au provincial) et ainsi réduire l’impôt global à payer.

  3. N’oubliez pas de réclamer le crédit d’impôt pour les activités physiques et activités artistiques suivies par vos enfants de moins de 16 ans.  Nos enfants sont inscrits à beaucoup de cours, gardons nos reçus!

  4. Envisager d’investir dans un régime enregistré d’épargnes études (REEE) pour vos enfants, plutôt que de l’accumuler à votre nom en prévision des études.  Dans le REEE, en plus d’obtenir une subvention de 30 %,  les revenus de placements sont à l’abri de l’impôt, tant que les sommes ne seront pas retirées et, au retrait, c’est l’enfant qui s’imposera sur les revenus et les subventions.

  5. Pour une famille monoparentale, regardez la possibilité d’imposer la prestation universelle pour la garde d’enfants (PUGE) dans le revenu de l’enfant à l’égard duquel la PUGE est versée.   

  6. Vous faites partie de la classe moyenne, une cotisation au REER peut avoir des effets très intéressants.  On sait qu’une cotisation REER entraîne une baisse d’impôt à payer parce qu’elle vient diminuer notre revenu imposable, mais elle permet aussi de maximiser une multitude de crédits d’impôt et plusieurs versements gouvernementaux.   

  7. Regarder la possibilité d’investir dans une police d’assurance vie universelle lorsque vous voulez laisser de l’argent à votre succession.  Ça vous permet d’obtenir un rendement à l’abri de l’impôt, et à votre décès, les héritiers recevront un montant également libre d’impôt.  C’est ce qu’on appelle de la création de richesse.

  8. Faites attention à votre structure de placement.  Comme les revenus d’intérêts sont imposables à 100 % et que seulement 50 % du gain en capital est imposable, assurez-vous  que ce soit vos REER qui soient dans les placements à revenus fixes et que les non enregistrés soient dans la croissance, non le contraire.    

  9. Chers parents qui avez des enfants majeurs, si votre situation financière le permet, envisagez de donner de l’argent à vos enfants afin qu’ils puissent cotiser à un REER, un REEE et/ou un CELI.  C’est ce que j’appelle une stratégie familiale de réduction des impôts.

  10. Mon dernier conseil est de loin le plus important, faites faire vos déclarations de revenus par une personne compétente.  J’ai un petit frisson lorsqu’une personne me dit qu’elle fait ces impôts elle-même et un gros lorsqu’elle ajoute qu’elle les fait à la main.  Les déclarations de revenus se complexifient d’année en année, pour une petite case pas cochée ou un chiffre pas mis à la bonne ligne, ce sont des centaines, voire des milliers de dollars que vous risquez de laisser sur la table.

J’espère que ces quelques conseils vous auront permis de conserver un peu plus d’argent dans vos poches pour ainsi vous permettre d’aller magasiner, de voyager, …

Je vous invite à venir rencontrer votre conseiller, il saura vous guider à travers vos décisions financières.  

En conclusion, qui fera vos déclarations de revenus 2015?  Ne vous gênez pas, je ne vous jugerai pas, au pire vous me donnerez des frissons!  

En février, je me pose toujours la même question.  Est-ce que je cotise à mon REER ou je fais une remise en capital sur mon hypothèque?

Malgré que je sois planificatrice financière depuis plus de 15 ans, la réponse n’est jamais simple.  À chaque année, je sors ma calculatrice et j’évalue les options possibles.  Pour rendre la tâche encore plus complexe, depuis 2009, le CELI s’est ajouté à mes options.

Pour être en mesure de prendre la bonne décision, je me pose quelques questions.

Quel rendement je peux espérer obtenir à long terme sur mes placements, en tenant compte de mon profil d’investisseur versus le taux de crédit de mon prêt hypothécaire? Si le rendement espéré est supérieur au taux de crédit, c’est un avantage pour le REER.

Qu’est-ce que je prévois faire avec mon remboursement d’impôt?  Est-ce que je vais avoir la discipline de le réinvestir ou de rembourser une dette?  Si oui, avantage REER.

Quel impact aura ma cotisation REER sur le montant d’allocation familiale que je vais recevoir?  En cotisant au REER, je viens réduire mon revenu net fiscal qui peut me permettre d’augmenter mes allocations familiales.  Avantage non négligeable en faveur du REER. 

Est-ce qu’à la retraite, je prévois que mon taux d’imposition sera inférieur à mon taux actuel?  On se rappelle que le REER n’est qu’un report d’impôt.  Le gros avantage, c’est que les rendements sont à l’abri de l’impôt jusqu’au moment du retrait. 

Est-ce que mon fonds de pension me procurera assez de revenus à la retraite?  Une bonne analyse à la retraite est nécessaire pour répondre à cette question.  Comme je le dis souvent, il n’y a pas juste le coté mathématique. 

Si j’opte pour un remboursement sur mon hypothèque, est-ce que je vais avoir la discipline de mettre en REER l’équivalent de mes paiements lorsque mon hypothèque sera complètement remboursée pour rattraper les années pour lesquelles je n’aurai pas cotisées?  Rien n'est sûr!!!

Est-ce que je vis bien avec les dettes ou je rêve du jour où ma maison sera libre de dettes et à la liberté que ça procure?

Est-ce que de m’assurer d’une indépendance financière est un objectif important pour moi?  Oh que oui!

Vous aurez compris que le choix de cotiser au REER ou de rembourser son hypothèque relève de la décision de chaque individu.  Ça dépend de l’âge, des taux d’intérêts, du montant de l’hypothèque, de l’étape de sa vie, de notre tolérance à l’endettement, de nos sources de revenu à la retraite, etc.  C’est une décision qui mérite qu’on s’y arrête quelques minutes.

De mon côté, mon choix est fait.  Cette année encore, je cotiserai à mon REER.

Et vous?  Allez-vous opter pour une cotisation REER ou une remise en capital sur votre hypothèque?

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