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La première coopérative de Santé au Québec fête ses 25 ans

La première coopérative de Santé au Québec fête ses 25 ans

En 1995, le directeur général de la Caisse populaire de St-Étienne-des-Grès a convaincu son conseil d’administration de travailler sur un projet inédit qui allait paver la voie à un modèle maintenant courant et reconnu de prise en charge citoyenne pour améliorer l’accessibilité à des soins de santé. Alors que celle que tous appellent par son p’tit nom, la Coop, fête ses 25 ans, j’ai pensé qu’une entrevue avec le principal maître d’œuvre de ce projet saurait vous intéresser.

Question : D’où vous est venue l’idée de réaliser un tel projet et quels étaient les objectifs de départ?

Jacques Duranleau :  La municipalité de St-Étienne avait alors perdu son médecin et sa pharmacie. Des citoyens avaient alors déposé une pétition de 1000 noms auprès de la municipalité.  Pour ma part, j’étais aux études de maîtrise en gestion de projet. Ce projet d’envergure m’a interpellé, il était pertinent pour la Caisse et ses membres, pour mes études et pour le milieu de Saint-Étienne-des-Grès, l’opportunité était parfaite et c’était en complète cohérence avec les valeurs de Desjardins et sa ferme volonté d’être solidaire avec le milieu­.

Question : Comment la formule coopérative s’est-elle imposée comme étant une solution pertinente?

Jacques Duranleau : Une coopérative appartient à tous. Personne ne peut s’enrichir au détriment des autres dans un projet coopératif et c’était impératif dans ce projet puisqu’on parle de la santé des gens, c’est que nous avons tous de plus précieux. Mais la formule coopérative n’existait pas dans le secteur de la santé. Il a fallu convaincre le ministère, car la Loi sur les coopératives n’était pas prévue à cette fin à l’époque. Le Mouvement Desjardins nous a appuyés et a contribué à faire bouger les choses.

Question : Est-ce qu’il a été difficile de convaincre les administrateurs de la Caisse de se lancer dans une telle aventure? Ont-ils posé des conditions?

Jacques Duranleau : Rapidement les administrateurs ont répondu présents. La pétition de 1000 noms en disait long sur la volonté des citoyens et par conséquent, de nos membres.  Tout le monde était prêt à mettre la main à la pâte. L’ouverture était telle que tous les employés de la Caisse ont également été mobilisés pour contribuer au projet.

Question : Vous avez mobilisé 1000 personnes en 3 mois, comment avez-vous réussi un tel tour de force?

Jacques Duranleau : Ce pari venait avec la pétition. Notre prémisse était que si les signataires souhaitaient réellement ce qu’ils revendiquaient par l’entremise de leur signature, il serait facile et rapide de les convaincre d’investir 50 $ pour une part sociale. Leur intérêt ne s’est pas démenti et nous avons remporté le pari, la vente de cartes s’est déroulée de mai à septembre. Il faut mentionner que nous avions aussi toute une force de persuasion avec nos administrateurs et nos employés qui en parlaient à tout le monde. De plus, il était facile de se procurer une part sociale, il suffisait de se rendre à la Caisse.

Question : Quelles ont été les principales embûches de ce projet?

Jacques Duranleau : Comme je le mentionnais précédemment, le modèle de coopérative de santé n’existait pas. Il a fallu de nombreuses représentations avant que la loi soit adaptée. Il n’y avait pas non plus de Coopérative de développement régional (CDR) comme maintenant pour appuyer les projets dans l’aspect administratif bien particulier de la Coopérative. Mais pour le reste, tout s’est incroyablement bien déroulé. En mai, nous avons fondé la Coopérative et en décembre, nous avons ouvert nos portes; rares sont les projets qui avancent aussi rondement, surtout dans le cas d’une construction neuve!

Questions : Qui ont été vos principaux alliés dans la réalisation de ce grand projet?

Jacques Duranleau : Nous avions identifié 15 personnes influentes, susceptibles de créer une image positive du projet auprès des gens. Ces personnes ont été d’une grande aide. La municipalité a aussi beaucoup aidé par l’octroi du terrain sous forme d’un bail emphytéotique. Au sein du Mouvement Desjardins, nous avions aussi un appui de taille. Le président de l’époque, M. Claude Béland, ainsi que son bras droit, M. Majella St-Pierre, croyaient fermement à la pertinence du projet et du modèle.

Question : Le modèle était inédit, le succès immédiat, les demandes d’informations ont certainement été nombreuses?

Jacques Duranleau : Ouf! Très nombreuses! Pendant très longtemps, nous avions au moins 1 demande de visite par semaine en provenance de partout!

Question : Quelle est votre plus grande fierté quant à ce projet?

Jacques Duranleau: Depuis maintenant 25 ans, les gens peuvent être soignés à proximité de chez eux et la Coop soigne aussi des gens des municipalités environnantes!

Marie-Christine Hudon

J'ai rejoint l'équipe de la Caisse Desjardins de l'Ouest de la Mauricie, en 2010, pour prendre la responsabilité de l'intégration du dossier du développement durable. À la fin de mes études en Économie et gestion agroalimentaire, mes aspirations m'amenaient vers la mise en marché des produits alimentaires. Finalement, ce sont les valeurs du monde rural dans son entier qui l'ont emporté sur mes aspirations premières. Ainsi, après huit ans comme directrice de la Corporation de développement agroalimentaire du Centre-du-Québec et un poste de conseillère en entrepreneuriat collectif à la Coopérative de développement régional Centre-du-Québec-Mauricie, où j'ai accompagné des comités de développement locaux vers une prise en charge de leur milieu, j'ai été séduite par ce défi ambitieux et nouveau qu'était de faire du développement durable un incontournable au sein de la Caisse et un outil de prise de décision.

Depuis le début de ma vie professionnelle, j'ai participé au démarrage de nombreux projets de développement des milieux et de chacun d'eux, je retire une nouvelle expérience enrichissante. Je crois au pouvoir de la coopération. Je crois aussi au pouvoir de chacun de nous de prendre en charge des projets pour faire évoluer nos milieux. Je conserve toujours un pied dans le monde agroalimentaire par mon implication au sein du conseil d'administration  de la Coopérative qui gère Marché public Yamachiche où je représente la Caisse. Je suis également impliquée personnellement dans divers conseils d'administration. 

Ma plus grande motivation à travailler au développement de mon milieu et au changement de nos habitudes pour la protection de l'environnement vient de mes deux enfants, Émile et Jeanne, pour lesquels j'aspire à un monde toujours meilleur.

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