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Récit de l’histoire d’une fille et de cinq gars au 1 000 km du Grand défi Pierre Lavoie

Récit de l’histoire d’une fille et de cinq gars au 1 000 km du Grand défi Pierre Lavoie

Déjà plus d’un mois que le Grand défi Pierre Lavoie est terminé. Je me suis engagée à vous en faire un récit, mieux vaut tard que jamais.

Dans ce type d’événement, l’aventure débute toujours plusieurs mois à l’avance.  Pour ma part, en janvier, car je ne devais pas être dans l’équipe 2016, mais plutôt 2017.  J’ai presque dit non à ce remplacement. Pour plein de bonnes raisons… Lorsque ce sont nos raisons, on se convainc forcément qu’elles sont bonnes.  Ma fille a fait la différence du haut de ses 8 ans en me rappelant : «Maman, c’est ton rêve, tu dois y aller».  De sages paroles que je me suis empressée d’écouter. Dieu merci!

Alors voilà, on se retrousse les manches. Il faut s’entraîner, bien sûr, mais il faut surtout trouver des commanditaires, appelez des amis, des parents, des entreprises.  Parce que l’objectif de tout ça, c’est d’aider des écoles à se procurer des équipements sportifs.  Et l’objectif collectif sera relevé, mais pour l’instant, je ne vous en dis pas plus.  Vous comprendrez qu’on réserve la surprise à nos écoles en premier.  C’est à suivre en septembre.

Je joins donc une équipe de cinq joyeux lurons, dont mon collègue de travail, Joël Bernier, ainsi que Denis Lavoie, Michel Pelletier, Martin Leblanc et Luc Bibeau, le meilleur chauffeur qui soit!  Peut-être que je ne suis pas totalement objective, mais vraiment, c’est un rôle difficile et il a été super! Je les connais tous un peu pour avoir préparé «Key-West –Louiseville» avec eux.  Eux se connaissent beaucoup, ils l’ont pédalé ensemble. 

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Le 1 000 km est divisé en 13 étapes. Nous les avons divisées selon nos forces et nos intérêts. Nous avons chacun nos défis. Pour ma part, mon plus grand défi, c’est l’étape 2, soit celle qui relie Ville de La Baie à Baie-Saint-Paul. Pour le reste, je suis confiante. Je prendrai ce départ le jeudi soir, avec Denis, qui lui ne s’en inquiète pas du tout. Heureusement, j’ai fait le trajet avec un ami trois semaines auparavant, je sais donc que je suis capable de franchir les 1 537 mètres d’ascension qui m’attendent, mais je suis quand même épouvantablement stressée, j’ai le trac. C’est ça un vrai défi, quelque chose qui fait douter de nos capacités à réussir. Sinon, ce n’est pas vraiment un défi. Finalement, mon ennemi n’aura pas été la route, mais le froid.  Rouler 30-40-50 km/h de nuit, à 4 degrés Celcius, dans des vêtements quais trempés par 70 km d’ascension, c’est pas froid, c’est fret!!!! Vers minuit, enfin, Baie-Saint-Paul, quel soulagement de voir Joël et Luc qui viennent me chercher à l’arrivée. Je vais retrouver mes bas en alpaga qui m’attendent dans ma valise, ça fait une heure que je ne pense plus qu’à ça. Et j’ai réussi, le reste ne me fait plus peur. Et je suis TELLEMENT fière. J’envoie des textos à plein de monde à 1h du matin pour leur annoncer la bonne nouvelle! Tant pis pour ceux qui dorment!

Et c’est cette nuit-là que je comprends que le sommeil sera «quand» et «si» on peut. J’ai accès à une douche seulement vers 2h30 du matin. Michel rentre au VR, vers 4h après son étape. Le sommeil est fragmenté. Cette nuit-là, Michel aura trouvé le froid très difficile lui aussi pendant l’étape Baie-Saint-Paul à Côte-de-Beaupré pour les mêmes raisons. On sue en montant et on se glace en descendant. Il restera gelé jusqu’à environ midi le vendredi.

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Enfin vendredi matin, Joël et Martin prennent le départ. C’est la portion du trajet où les cyclistes passent devant de nombreuses écoles pour récompenser les élèves de tous les efforts mis dans les cubes énergie. Selon nos cyclistes, c’était magique. Une image vaut mille mots : https://youtu.be/ShVBWUi31AY.

Malheureusement, c’est aussi la journée où nous attend une nouvelle, aussi mauvaise qu’inattendue. Durant la nuit, notre ami et collègue Serge est décédé subitement. Ouf, un coup de poing dans le ventre. Consternation, déni, rage, nommez-les… Là, un doute ÉNORME s’installe en moi, je n’ai plus de jambes, plus de souffle et surtout, je n’ai plus envie d’être là. On finira par se ressaisir juste avant notre départ de Saint-Marc-des-Carrières en direction de Louiseville. Donne-nous des ailes jusqu’à la fin mon ami! Il a entendu notre appel… 

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Si être membre Desjardins a des avantages, être membre de l’équipe issue du Grand défi Desjardins a aussi un énorme avantage. On nous attend Joël, Denis et moi, on doit prendre le départ devant le peloton avec Pierre Lavoie. Hein? WOW! On roulera finalement en tête jusqu’à Louiseville avec les encadreurs. C’est surréaliste. C’est quoi la chance de vivre ça. On jase avec l’animateur du véhicule de tête, on fait des demandes spéciales pour choisir la musique et on danse sur nos vélos.  Décidément, les émotions se vivent en dents de scie aujourd’hui! L’arrivée à Louseville aura aussi été toute une émotion. Le titre de ville la plus accueillante n’est pas surfait. Avec le recul, j’ai préféré mon arrivée à Place Canadel à celle du stade olympique! Qui aurait gagé là-dessus?

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Il faut s’arracher de nos familles et amis moins d’une heure plus tard pour repartir vers Terrebonne. C’est une étape de nuit, un seul cycliste est sur la route et c’est Martin. Il faut dormir, car la fatigue commence à nous gagner et le samedi s’annonce chaud.

Je prends le départ avec Martin, direction Saint-Jean-sur-Richelieu. Il a à peine eu le temps de se coucher qu’il doit repartir.  Heureusement, une toute petite étape de 44 km, mais 130 km nous attend ensuite.  

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À Saint-Jean, nous allons tous prendre part à la Boucle. Il faudra être vigilant, nous serons 8 000 cyclistes. Ce n’est pas sans risque, mais quel beau rassemblement! Aujourd’hui, il fera chaud, très chaud. À la Boucle, c’est la seule étape que nous ferons tous ensemble. C’est aussi le moment où Luc, notre chauffeur, peut faire un dodo digne de ce nom, car le VR reste au même endroit pendant 6 ou 7 heures aujourd’hui. Un repos bien mérité, car le rôle du chauffeur est sous-estimé dans ce type d’événement. C’est vraiment exigeant.

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Si moi, mon défi est presque terminé (il me reste 15 km à faire à Montréal dimanche), les gars ont encore plusieurs trajets à faire : Saint-Jean-sur-Richelieu à Châteauguay, de Châteauguay à Pincourt et Pincourt à Verdun. Nous sommes tous fatigués. On rit pour un rien et on a mal partout.

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Et là, je cligne des yeux et nous sommes déjà au stade olympique. C’est la remise des médailles. Quoi, c’est déjà fini? Les jambes fatiguées, mais les yeux fiers.

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L’histoire se termine comme elle a commencé. Par les paroles d’une petite fille de 8 ans : «Maman c’est ton rêve, tu dois y aller» parce qu’on ne sait pas de quoi demain est fait… Réalisons nos rêves les amis.

NDRL :  Quelques heures avant d’écrire ce blogue, je suis allée porter ma fille à vélo au camp de jour. J’y rencontre une petite fille de Saint-Barnabé qui me dit : «Je te connais toi! Tu es venue à mon école et tu ramasses des sous pour que nous puissions avons des équipements sportifs neufs». Non, mais! Est-ce que ça ne rend pas heureux ça!?

Marie-Christine Hudon

J'ai rejoint l'équipe de la Caisse Desjardins de l'Ouest de la Mauricie, en 2010, pour prendre la responsabilité de l'intégration du dossier du développement durable. À la fin de mes études en Économie et gestion agroalimentaire, mes aspirations m'amenaient vers la mise en marché des produits alimentaires. Finalement, ce sont les valeurs du monde rural dans son entier qui l'ont emporté sur mes aspirations premières. Ainsi, après huit ans comme directrice de la Corporation de développement agroalimentaire du Centre-du-Québec et un poste de conseillère en entrepreneuriat collectif à la Coopérative de développement régional Centre-du-Québec-Mauricie, où j'ai accompagné des comités de développement locaux vers une prise en charge de leur milieu, j'ai été séduite par ce défi ambitieux et nouveau qu'était de faire du développement durable un incontournable au sein de la Caisse et un outil de prise de décision.

Depuis le début de ma vie professionnelle, j'ai participé au démarrage de nombreux projets de développement des milieux et de chacun d'eux, je retire une nouvelle expérience enrichissante. Je crois au pouvoir de la coopération. Je crois aussi au pouvoir de chacun de nous de prendre en charge des projets pour faire évoluer nos milieux. Je conserve toujours un pied dans le monde agroalimentaire par mon implication au sein du conseil d'administration  de la Coopérative qui gère Marché public Yamachiche où je représente la Caisse. Je suis également impliquée personnellement dans divers conseils d'administration. 

Ma plus grande motivation à travailler au développement de mon milieu et au changement de nos habitudes pour la protection de l'environnement vient de mes deux enfants, Émile et Jeanne, pour lesquels j'aspire à un monde toujours meilleur.

  • Johanne Beaulieu

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    Bravo ! Marie. TRÈS, TRÈS TOUCHANT ton blogue sur le défi Pierre Lavoie, je ressentais l'émotion de ton expérience en le lisant. BRAVO ! À toi et tes 5 gars ! Merci pour tes photos et ton superbe blogue. xox

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  • Odette Gelinas

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    Wow quel récit, j'avais le goût de te lire du début à la fin. C'est comme si j'avais été un peu là, merci pour ce beau partage.

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